Ordre des Avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de Cassation
Conseil d'Etat, 19 juillet 2011

Arrêt rendu sur le suicide en prison d’une personne mise en cause pour des faits criminels

Par un arrêt du 19 juillet 2011, le Conseil d’Etat a jugé que le suicide en prison d’une personne mise en cause pour des faits criminels ne créait pas de préjudice personnel pour la partie civile ainsi privée de procès.

 

Détenu à la maison d’arrêt de Lyon dans le cadre d’une information judiciaire ouverte contre lui pour assassinat, le prévenu avait mis à profit un défaut de surveillance de l’administration pour se donner la mort.

 

La partie civile se trouvait alors privée d’un procès pénal, celui-ci s’éteignant par le décès du prévenu, et estimait subir un préjudice moral imputable à une faute de l’administration pénitentiaire. Mais le Conseil d’Etat a refusé de reconnaître le principe d’un tel préjudice, en retenant que, si le procès pénal peut avoir pour effet de répondre aux attentes des victimes, il a pour objet essentiel l’intérêt général par le rétablissement de la paix sociale.

 

Les demandeurs étaient représentés devant le Conseil d’Etat par M. Didier Bouthors, avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation.